Des vivants et des morts. Les cimetières européens en Algérie depuis l’indépendance
Soutenance de thèse de Madame Margot GARCIN sous la co-direction de Madame Isabelle RENAUDET et Madame Christine MUSSARD.
Composition du jury :
Bruno BERTHERAT (Examinateur) Maître de conférences, Avignon Université
Emmanuel BLANCHARD (Président) Professeur des universités, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye
Karima DIRECHE (Examinatrice) Directrice de recherche, CNRS, Aix-Marseille Université
Sébastien LEDOUX (Rapporteur) Maître de conférence HDR, Université d’Amiens UPJV
Christine MUSSARD (Co-directrice de thèse) Professeure des universités, Aix Marseille Université
Isabelle RENAUDET (Directrice de thèse) Professeure des universités, Aix-Marseille Université
Éric SAVARESE (Rapporteur) Professeur des universités, Université de Montpellier
Crédit image : photographie prise dans le cimetière de Hussein Dey le 30 octobre 2022
Résumé de la thèse :
Dès 1830, l’essor de la colonisation française en Algérie a contribué au développement d’infrastructures nécessaires à la sédentarisation des Européens venus s’installer sur le territoire. Et parce que vivre, c’est aussi mourir, des cimetières destinés à accueillir les dépouilles des défunts sont érigés.
Malgré le départ de l’essentiel des Européens d’Algérie à la suite de la proclamation de l’indépendance en 1962, ces nécropoles se sont maintenues dans le temps et dans l’espace.
Ainsi, à l’indépendance, l’ambassade de France dénombre 558 nécropoles sur l’ensemble du territoire. Abandonnées par les vivants, elles sont progressivement abandonnées. En tentant de retracer l’histoire de ces lieux depuis 1962, ce travail se fonde sur l’étude des sources du ministère des Affaires étrangères, auxquelles s’ajoute l’analyse des fonds privés d’une association de rapatriés, des sources nativement numériques, ainsi que deux enquêtes de terrain.
En menant une analyse multiscalaire, cette thèse propose un cadre d’intelligibilité permettant d’appréhender les relations que les vivants entretiennent autour des morts. Ainsi, l’analyse des liens qui se nouent entre les différents acteurs étatiques, mais également avec les représentants locaux, permet d’interroger les rapports de pouvoir et les recompositions politiques qui s’articulent autour de ce lieu, tout en mettant en évidence la persistance d’enjeux postcoloniaux.
De son côté, l’étude des trajectoires familiales permet d’interroger les processus de constitution et de recomposition des appartenances communautaires, ainsi que la manière dont celles-ci se construisent au croisement des expériences du déplacement, de la mémoire et des héritages coloniaux. Cette approche offre ainsi un éclairage complémentaire sur les modalités de transmission, de réappropriation et de construction de la mémoire de ce passé colonial.
Dès lors, ce travail de recherche met en lumière une forme de permanence des relations de part et d’autre de la Méditerranée, au-delà de 1962.

